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Compte rendu E.T. N° 500

Texte publié dans “Vers la Tradition” N° 34 décembre, 1988 janvier-février 1989

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Les ÉTUDES TRADITIONNELLES publient leur 500eme numéro.

Nous soulignons cet événement. La revue des ÉTUDES TRADITIONNELLES qui eut pour principal collaborateur René Guénon durant 26 ans, porte ce titre depuis 1934.

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C’est tout d’abord par une longue note introductive que la rédaction des ÉTUDES TRADITIONNELLES marque cette parution. A cette occasion elle entend réaffirmer la vocation et la détermination de la revue, qui a pour “but principal l’étude des doctrines métaphysiques et ésotériques d’Orient et d’Occident”.

Ce préambule débute par un rapide aperçu historique de ce qu’était la revue sous le nom de “VOILE D’ISIS” et de ce qu’elle devint sous celui d”‘ÉTUDES TRADITIONNELLES”. Il se poursuit par le rappel de l’éminente collaboration de René Guénon, et par un bref témoignage de reconnaissance “envers ceux qui ont permis à cette revue de perdurer au travers de temps parfois difficiles, c’est-à-dire, avant tout, à ses lecteurs, et à ses collaborateurs”.

Après de longues considérations d’ordre général, les E.T. annoncent leur intention de s’appliquer «à dégager de l’œuvre de René Guénon des aspects “opératifs” directement ou implicitement contenus dans ses écrits” et de commencer “la publication d’une série importante de considérations sur la “théorie du geste”.».

Nous savons que cette dernière expression est de R. Guénon lui-même qui écrivait dans ORIENT ET OCCIDENT (édition Vega 1964, page 185, note 1): “nous faisons allusion à une théorie métaphysique extrêmement importante à laquelle nous donnons le nom de “théorie du geste” et que nous exposerons peut-être un jour dans une étude particulière”.

En tout cas, voilà une initiative des E.T. qui ne manquera pas de susciter un intérêt certain, mais aussi sans doute quelque appréhension parmi les lecteurs avertis des difficultés que peut présenter l’exposé public de ce sujet très particulier.

La théorie du geste revêt, croyons-nous,une importance des plus considérables et un aspect providentiel dans la situation actuelle du monde moderne: elle représente, pour la seule organisation initiatique occidentale à caractère vraiment universel (parce que non liée à un exotérisme particulier) la principale “réponse” à ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de possibilités opératives dans la Maçonnerie actuelle.

Parmi ceux-là, les uns n’hésitent pas à affirmer que les organisations initiatiques occidentales, dans leur état actuel et en raison d’une prétendue absence de méthode de réalisation, “ne peuvent plus guère” offrir autre chose qu’une initiation virtuelle. Les autres, sous le prétexte que R.Guénon a fait état d”‘imperfections” à propos des organisations initiatiques occidentales, en déduisent qu’il faudrait se détourner de celles-ci au profit d’organisations initiatiques orientales.

N’est-ce pas là faire une exégèse par trop littéraliste et restrictive de l’œuvre de R. Guénon, et négliger certaines données cycliques?

On pourrait aussi s’interroger sur les raisons pour lesquelles le Maître n’a “peut-être” pas jugé opportun d’exposer cette théorie du geste (comme d’autres sujets d’ailleurs) dans “une étude particulière”.

Denys Roman, dans son livre RENÉ GUENON ET LES DESTINS DE LA FRANC-MAÇONNERIE écrivait: “de toutes les œuvres de lui [René Guénon] qui nous manquent, c’est peut-être avec l’ouvrage projeté sur la “science des lettres”, celle dont l’absence est le plus à regretter”. (Editions de l’Œuvre, page Il, note 4.).

Que nos amis des ÉTUDES TRADITIONNELLES nous permettent ici d’exprimer un souhait: puissent-ils, dans cette initiative, s’inspirer de ce que René Guénon écrivait en 1921, à l’aube de son œuvre magistrale qui devait renouveler bien des existences, “parce que ce dont il s’agit a une portée effective des plus considérables, même pratiquement, encore que, sur ce dernier point, il convienne de ne pas se départir d’une certaine réserve et qu’il vaille mieux se contenter de donner des indications très générales, (…), en laissant à chacun le soin d’en tirer des développements et des conclusions en conformité avec ses facultés propres et ses tendances personnelles”. (INTRODUCTION GÉNÉRALE A L’ÉTUDE DES DOCTRINES HINDOUES, troisième partie, chapitre XIII.).

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Vient ensuite le très remarquable article de René Guénon: LE CHRIST PRÊTRE ET ROI. Repris des E.T. de janvier-février 1962, il avait été primitivement publié dans la revue LE CHRIST-ROI, en 1927.

Mais pourquoi avoir coupé en deux ce texte dont la concision même aurait dû conduire à en conserver l’unité?

Nous voudrions pour ceux des lecteurs qui n’en auraient pas connaissance en extraire quelques citations parmi les plus significatives: “dans la personne du Christ, les deux fonctions sacerdotale et royale, auxquelles sont attachés respectivement l’autorité spirituelle et le pouvoir temporel, sont véritablement inséparables l’une de l’autre; toutes deux lui appartiennent éminemment et par excellence, comme au principe commun dont elles procèdent l’une et l’autre dans toutes leurs manifestations”.

René Guénon met ensuite en évidence la hiérarchie des fonctions et leur dépendance par rapport à leur principe commun, et indique que, s’il semble que la fonction sacerdotale du Christ ait été privilégiée c’est que “le spirituel est supérieur au temporel” ; et “la royauté n’est vraiment “de droit divin” qu’autant qu’elle reconnaît sa subordination à l’égard de l’autorité spirituelle, qui seule peut lui conférer l’investiture et la consécration, lui donnant sa pleine et entière légitimité”.

C’est là, notons-le, la divergence fondamentale d’avec la thèse que J. Evola a toujours maintenue, et qui constitue ce que R. Guénon a dénoncé comme “la révolte des Kshatriyas”.

Le prêtre “joue véritablement le rôle du “médiateur” entre le Ciel et la Terre; et ce n’est pas sans motif que la plénitude du sacerdoce a reçu le nom symbolique de “pontificat” car, ainsi que le dit Saint Bernard, “le Pontife, comme l’indique l’étymologie de son nom, est une sorte de pont entre Dieu et l’homme”.

René Guénon envisage ensuite la filiation du Christ, qui est royale par la tribu de Juda, et sacerdotale selon l’ordre de Melchissedec, et non d’Aaron, “Mais, d’ailleurs, le sacerdoce selon l’ordre de Melchissedec implique aussi en lui-même la royauté”. C’est la raison pour laquelle s’applique au Christ la parole des Psaumes : “Tu es sacerdos in aeternum secundum ordinem MeIchissedec”.

Rappelant le passage biblique qui relate la rencontre de Melchissedec avec Abraham, R. Guénon souligne les termes du commentaire de Saint Paul: “Ce Melchissedec, roi de Salem, prêtre du Dieu Très-Haut(…);qui est d’abord, selon la signification de son nom, roi de Justice, ensuite roi de Salem; c’est-à-dire roi de la Paix ; qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement ni fin de sa vie, mais qui est fait ainsi semblable au Fils de Dieu ; ce Melchissedec demeure prêtre à perpétuité”.

André Bachelet

  1. Ce texte qui date de près de 20 années est repris comme indiqué de la revue VLT.

    Il s’agit d’un compte rendu d’articles publié dans les ET.

    Nous pensons qu’il pourrait présenter quelque intérêt  aujourd’hui et c’est la raison pour laquelle nous le proposons à nos lecteurs

  2. La maçonnerie d’expression française est actuellement dans un état particulièrement inquiétant à cause de sa sécularisation  très avancée.

    La crise récente qui a frappé la Maçonnerie en France, n’a fait qu’aggraver cette situation déjà en place depuis longtemps.

    Mais désespérer serait sans doute  ne pas tenir compte des potentialités qu’elle porte toujours en elle et faire peu de cas du rôle eschatologique,  dévolu à la Maçonnerie et notamment développés par Denys Roman.

E.T. N°402-403 07-08 et 09-10 1967

Le Symbolisme, qui a maintenant pour Rédacteur en chef M. Pierre Morlière, continue à publier des articles intéressants. Dans le numéro d’avril-juin1967, plusieurs se rapportent, de près ou de loin, à la tradition maçonnique. C’est ainsi que M. Pierre Stables commence des Etudes sur le Symbolisme chevaleresque dont nous reparlerons quand elles seront terminées, d’autant plus que l’auteur, sortant des sentiers battus, annonce son intention d’étudier « les légendes » de la chevalerie. Continuer la lecture

E.T. N° 305, janvier février 1953

Les revues

La Revue de l’histoire des Religions a publié plusieurs articles sur les “Manuscrits de la mer Morte”. On sait qu’en 1947, deux bergers arabes, à la recherche de bêtes égarées, découvrirent au sud de Jéricho, dans la falaise qui domine la mer, une grotte remplie de jarres, contenant des parchemins hébraïques. Ces textes, acquis par diverses Institutions savantes, comprennent notamment le livre d’Isaïe, un commentaire du petit prophète Habacuc, et plusieurs ouvrages de la secte “sadoqite”. Les spécialistes ne sont pas d’accord sur la date des manuscrits : les uns les font remonter au IVe, les autres au Ier siècle avant l’ère chrétienne. Les sadoqites étaient une secte juive, peut-être apparentée aux Esséniens, et dont on avait retrouvé un écrit en Egypte en 1890. Ils vénéraient un certain “Maître de Justice”, mis à mort à l’instigation d’un “Prêtre impie ” ou “Prophète de mensonge”. Continuer la lecture

Magister. Manual del Maestro secreto.

Magister. Manual del Maestro secreto (Editorial Kier, Buenos Aires).
[Compte rendu publié dans les E. T. Nº 307, avril-mai 1953, p. 150-152]

Dans cet ouvrage, encore plus intéressant que les précédents, l’auteur s’est attaqué hardiment à un problème que beaucoup pourraient croire insoluble. Dans le « chaos » des hauts-grades maçonniques, combien y en a-t-il de vraiment indispensables, et quels sont-ils ? L’auteur, qui a pris comme base de départ les 30 degrés du rite ancien et accepté, pense que les hauts-grades doivent être au nombre de 9, parce qu’il y eut 9 Maîtres qui participèrent à la recherche et à la découverte du corps d’Hiram. Précisons tout de suite que, s’il en est bien ainsi au rite écossais, au rite d’York il est question de 15 Compagnons, répartis en 3 Loges dont chacune eut une destinée particulière qu’il pourrait être utile d’examiner. La première Loge échoua dans ses recherches ; la seconde retrouva le corps d’Hiram (c’est-à-dire la Parole perdue) ; la troisième Loge tira vengeance des meurtriers. Or, il faut remarquer que le Ier Temple, celui de Salomon, fut ruiné à cause de l’« infidélité » de son fondateur (c’est ce que les Pères de l’Église ont appelé la « chute » de Salomon, que certains comparent à la « chute » d’Adam ; cf. I Rois, XI, 1-13 ; II Rois, XXIII, 13-15 ; Néh. XIII, 23-27). Le second Temple, celui de Zorobabel, réalisa sa mission qui était de « recevoir la Paix », et il est écrit que « la gloire de ce second Temple sera plus grande que celle du premier » (cf. Aggée. II, I-9). Enfin, le 3e Temple maçonnique est l’Ordre du Temple, détruit malgré sa fidélité, et dont la « vengeance » est le thème de plusieurs des hauts-grades. Il y a certainement là autre chose que l’effet d’un simple hasard, d’autant plus que la Parole maçonnique, perdue dans les premiers grades qui ont trait au Temple de Salomon, est déclarée formellement être retrouvée dans la Sainte Royale Arche, qui se rapporte au Temple de Zorobabel. Pour toutes ces raisons, nous pensons que le nombre total des grades maçonniques devrait être de 15, dont 3 grades bleus et 12 hauts-grades. Il y aurait lieu aussi d’examiner où doit se placer le grade « Prince Rose-Croix », qui est un grade essentiellement « chrétien », dont le thème est la passion et la résurrection de celui que certains rituels ont appelé « le Maître par excellence, Jésus de Nazareth ». Il existe de ce grade plusieurs versions, dont l’une a été incorporée aux 33 degrés de l’écossisme. La vérité est que ce grade, qui a trait à un Temple indestructible, ou plutôt incessamment renaissant, comme le Phénix (cf. la parole du Christ : « Détruisez ce Temple, et je le rebâtirai en trois jours ») est en dehors de la série « linéaire » de tous les rites, ce qui est facile à constater, même au rite ancien et accepté. « Magister » adopte, comme hauts-grades à conserver, les 9 grades « écossais » suivants : Maître secret, Élu, Parfait et Sublime Maçon, Chevalier de l’Orient, Prince Rose-Croix, Chevalier du Soleil, Grand Élu Chevalier Kadosch, Sublime Prince du Royal Secret, Souverain Grand Inspecteur général. La correspondance qu’il tente d’établir entre ces grades et ceux du rite d’York ne nous a pas paru très convaincante. Mais nous devons signaler une idée de l’auteur qui nous semble des plus heureuses. Il a envisagé de répartir les innombrables symboles de la Maçonnerie entre les grades qu’il conserve, de façon à ne rien laisser perdre de cet « héritage ». Prenons un exemple qui nous fera mieux comprendre. Dans le grade de « Maître secret », qu’il conserve, il fait entrer certains des éléments rituels de grades écossais qu’il abandonne, tels celui de « Maître parfait », où se trouve notamment la formule : « Le Maître parfait connaît le cercle et sa quadrature ». C’est à ce grade de Maître secret, étendu et enrichi, qu’est consacré le volume dont nous rendons compte, et qui étudie entre autres les symboles suivants : le tombeau d’Hiram, les pyramides d’Égypte, la translation du cœur, le laurier et l’olivier, la clé, le point au centre du cercle (hiéroglyphe de l’« œuf du monde »), l’œil, la tétraktys, les quatre enseignements du Sphinx, enfin les symboles proprement kabbalistiques, si nombreux dans les grades « de perfection » : l’arbre des Séphiroth , arche d’alliance, le chandelier à 7 branches, les dix commandements. Les rites de réception de ce grade nouveau sont évidemment beaucoup plus riches que ceux du Maître secret « officiel ». Nous disons qu’il s’agit d’un grade nouveau (et nous ne savons même pas si les divers Suprêmes Conseils réguliers consentiraient à homologuer de tels rites) ; mais il faut bien préciser que seuls sont nouveaux le rassemblement et l’enchaînement de rites maçonniques authentiques, dispersés en des grades pratiquement abandonnés, parce qu’ils sont donnés « par communication ». L’auteur, dont la prudence à cet égard nous semble parfaite, est visiblement persuadé que, selon la formule rituelle : « Il n’est au pouvoir de personne de faire des innovations dans le corps de la Maçonnerie », et aussi que tout dans l’Ordre peut se ramener à une triple origine : égyptienne, gréco-latine et judéo-chrétienne (Les Old Charges sont d’ailleurs formels sur ce point). C’est pourquoi, malgré sa connaissance des doctrines orientale, Il n’a pas été tenté d’y recourir pour « enrichir » les rites traditionnels. Nous signalerons que, comme toujours, la dernière partie du livre (« application opérative ») est, à notre avis, la moins bonne de toutes. Mais l’ouvrage contient une telle documentation, et des aperçus si dignes d’intérêt, que nous le recommandons sans hésiter à tous les Maçons, et que nous souhaitons l’apparition rapide du volume suivant, qui sera consacré aux grades de vengeance.

Denys Roman.

Magister. Manual del Aprendiz.

Magister. Manual del Aprendiz (Editorial Kier, Buenos Aires).
[Compte rendu publié dans les E. T. Nº 307, avril-mai 1953, pp. 147-148]

Il est assez curieux de voir les pays de langues latines qui s’étaient laissés considérablement distancer par les pays de langues anglaise et allemande dans le domaine des études maçonniques sérieuses, tenter de rattraper leur retard. Après l’œuvre maçonnique en langue française de René Guénon, qui a jeté tant de lumière sur de nombreux aspects de l’art royal, après l’œuvre italienne d’Arturo Reghini, limitée d’ailleurs au seul symbolisme géométrique et numéral, voici que viennent de paraître en langue espagnole 4 « manuels » dont le premier est consacré au grade d’Apprenti. Continuer la lecture

E. T. nº 290, mars 1951, pp. 93-95

Le Symbolisme d’octobre 1949

Le Symbolisme d’octobre 1949 annonce la mort de Leo Fischer, vice-président de la Philalethes Society. — Dans un long article intitulé Maçonnerie et Action, M. J. Corneloup expose quelques considérations dont quelques-unes nous semblent intéressantes, mais dont beaucoup sont viciées parce que leur auteur se réfère uniquement aux rituels français actuellement en usage, et qui ont été (surtout aux 2e et 3e degrés) « modernisés » à l’extrême. Continuer la lecture