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Note introductive 2

avertissement

2008 : La Lettera G / La Lettre G, N° 9, Équinoxe d’automne *

À propos de l’article de Denys ROMAN : « René Guénon et la Loge “La Grande Triade” »(1).

Le texte de Denys Roman que nous présentons n’aurait sans doute jamais été écrit si n’était paru, en 1971, le livre de J. Corneloup je ne sais qu’épeler !(2).  dont le chapitre IV, « “La Grande Triade” et l’œuvre de René Guénon », est entièrement consacré au présent sujet. Ce chapitre sera d’ailleurs largement exploité, dans son Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie et des Francs-Maçons, par Allec Mellor dont on connaît l’incompréhension et la forte hostilité envers l’œuvre de René Guénon et tout ce qui participe de l’esprit traditionnel ; Mellor, qui fut sans doute l’un des plus actifs ennemis de Guénon dans le milieu maçonnique, alla même jusqu’à introduire des commentaires hostiles à ce dernier dans une version française des « Cahiers » de la Loge d’instruction du Rite Émulation dont il avait réussi à prendre la présidence. On se reportera avec profit à l’examen que Franco Peregrino propose dans ces pages sur ce grotesque personnage bouffi de suffisance érudite. En comparaison, la position de J. Corneloup était tout autre et il faut lui reconnaître une honnêteté intellectuelle qui faisait défaut à Mellor. Bien qu’également rationaliste, il ne manifestait aucune hostilité mais bien plutôt une curiosité empreinte de sympathie à l’égard de ce que représentait pour lui l’œuvre de Guénon dans son ensemble, et, par voie de conséquence, la Loge « La Grande Triade ». Mais on verra que cette curiosité était gravement affectée par l’idée qu’il se faisait du but de la Maçonnerie et de ce qui doit résulter du Travail collectif en Loge, qu’il assimilait aux « égrégores », chimère toujours renaissante de l’occultisme. Continuer la lecture

E.T. N° 395 mai-juin 1966

Les revues

Dans le symbolisme d’avril-mai, M. Marius Lepage, à l’occasion de l’adhésion de la Loge « Ambroise Paré » à la « Société des Amis de Rabelais et de la Devinière », publie une notice sur cette association littéraire qui a restauré le domaine familial où naquit l’auteur de Gargantua, et a obtenu son « classement » par l’administration des Beaux-Arts. Dans cette notice, M. Lepage rappelle la qualité d’initié attribuée par certains auteurs au Maître de la Devinière ; peut-être aurait-il pu ajouter que la raison principale -sinon la seule- d’une telle « reconnaissance » est l’emploi, par l’ « abstracteur de quintessence », d’un langage particulier, véritable « jargon » où l’on trouve des termes hermétiques, parfois déformés de la manière la plus inattendue et la plus « amusante ». La Devinière a été transformée en musée, et M. Lepage trouve « émouvant » d’y avoir exposées les œuvres de Rabelais traduites dans les langues les plus diverses, et notamment en russe, chinois et japonais. Nous avouons ne pas partager cet « émoi ». La traduction d’une œuvre initiatique par des profanes, déjà périlleuse dans le cas de langues apparentées, devient une véritable « parodie » quand il s’agit de langues très éloignées de l’originale. Et cela est particulièrement grave en ce qui concerne Rabelais. En effet, le premier résultat d’une telle transposition est de rendre inutilisable certaines « clés » qui permettaient de « restituer » aux termes déformés du jargon leur sens véritable et initiatique. Dès lors, comment les lecteurs de ces modernes adaptations pourraient-ils « rompre l’os et sucer la substantifique moelle », afin d’entrevoir tout au moins ces « très hauts sacrements et mystères orrifiques » (c’est-à-dire « aurifiques ») dont Rabelais, au début de son œuvre, nous promets la « révélation » ? Ils ne verront que les « voiles » disposés par l’auteur : la vulgarité forcée du style et le cynisme apparent des idées, qui sont bien au nombre de ces « choses fortuites » dont le « mépris », au dire de Maître Alcofribas lui-même, constitue le « vrai pantagruélisme ». Continuer la lecture