E. T. nº 291, avril-mai 1951, pp. 142-144

Masonic Light d’octobre et de décembre 1950

Masonic Light d’octobre 1950 donne quelques renseignements sur la vie de Mozart, rappelant que le grand musicien viennois fut aussi un Maçon très actif. – Un autre article traite de la « modernisation » des rituels de la Maçonnerie bleue. Cet article est entièrement constitué par des extraits de documents officiels très récents, émanant de diverses Grandes Loges nord-américaines et australiennes.  Il est extrêmement agréable de constater l’unanimité de ces « Grandes Juridictions » pour condamner toute tentative de moderniser les usages et les rites « qui leur sont parvenus à travers les âges comme un héritage sans prix ». Nous regrettons de ne pouvoir donner de plus longues citations de ces textes, qui réfutent en termes excellents les novateurs, « infectés de la rage moderne de mettre toutes choses à la mode du jour » ; et nous trouvons très digne de remarque, à notre époque où tout change avec une rapidité déconcertante, que la plus grande organisation initiatique de l’Occident, par des voix autorisées, témoigne aussi fermement de son attachement à la tradition. – Vient ensuite un article sur les 7 arts libéraux, où nous notons cette idée très juste que ces arts sont ainsi appelés parce qu’ils libèrent l’homme de la superstition. Nous pensons qu’on doit aller plus loin encore, et les considérer comme autant d’échelons conduisant à cette Vérité totale en dehors de laquelle il n’est pas de liberté, conformément à la parole évangélique : « Vous connaitrez la Vérité, et la Vérité vous rendra libres. »
– Une note sur la « double appartenance » donne incidemment de curieux renseignements sur les variations d’attitude de la Grande Loge des « Modernes » quant à cette question, et ces variations sont mises en rapport avec les vicissitudes de la lutte menée par ce corps maçonnique contre la Grande Loge des « Anciens ». – Nous mentionnerons enfin, dans ce nº et dans celui de décembre, une discussion sur les Collegia fabrorum des Romains et sur leur fondateur, le roi Numa. Cette discussion est, dans l’ensemble, d’esprit traditionnel, mais il nous paraît qu’elle laisse dans l’ombre bien des détails importants du point de vue maçonnique. C’est ainsi qu’on n’a pas songé à faire un parallèle entre le règne pacifique de Numa succédant au guerrier Romulus, et le règne de Salomon faisant suite aux guerres de David. Et les entretiens de Numa avec la nymphe Égérie dans le bois sacré d’Aricie ne rappellent-ils pas l’inspiration directe que Salomon reçut de l’Éternel sur le « haut-lieu » de Gabaon ? D’autre part, comme Salomon édifia le  Temple dans la « cité de la paix », Numa construisit le temple de Janus, où les Romains priaient pour le retour de la paix. Ce temple était rectangulaire (très certainement dans proportion du « carré long ») et à ciel ouvert (comme les temples maçonniques sont couverts par la « voûte étoilée ») ; on y pénétrait par une arche fermée par une porte à double battant ; de chaque côté de l’arche se trouvaient deux colonnes d’ordre corinthien supportant un entablement plat ; dans le temple se trouvaient 12 autels se rapportant aux 12 mois de l’année, tout comme les 12 « lacs d’amour » de la « houppe dentelée » symbolisent les 12 signes du zodiaque. Nous empruntons ces détails à l’étude de M. Pierre Grimal parue dans les Lettres d’Humanité (tome IV de 1945). Ce que cet auteur appelle l’« énigme de Janus » est du reste, pour nous, étroitement lié ce que d’autres ont appelé les « mystères du Saint-Empire », dont on sait l’importance dans les hauts grades de la Maçonnerie.

Denys Roman.