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E.T. N° 404. Novembre-décembre 1967

    Dans le Symbolisme de juillet-septembre, M. Marius Lepage évoque les souvenirs et sentiments qu’a ravivés en lui la disparition de son ami et collaborateur François Ménard. Un article de ce dernier, intitulé Mises au point, expose, à l’usage, semble-t-il, de ceux qui se préparent à entrer dans la voie maçonnique, quelques-uns des caractères essentiels de la Doctrine « perpétuelle et unanime ». Continuer la lecture

E.T. N° 303 Octobre-Novembre 1952

Les revues

Dans le Symbolisme de septembre 1951, M. Piette a publié un très important article, intitulé : “L’aspect métaphysique du christianisme”. La connaissance que l’auteur possède de la métaphysique, l’étude approfondie qu’il a faite des œuvres de René Guénon et de M. Schuon, et ses recherches personnelles dans certains “champs” traditionnels assez négligés d’ordinaire, tout cela lui a permis de traiter la question qu’il aborde cette fois d’une façon vraiment magistrale. Il se réfère souvent aux pères du christianisme oriental : Denys l’Aréopagite, saint Maxime le Confesseur, saint Grégoire de Thessalonique, et il semble même avoir consulté des revues ecclésiastiques assez négligées d’ordinaire par les occidentaux. Il est impossible de résumé cet article de 26 pages, qui abonde de vues intéressantes sur le caractère “tout à fait spécial” du christianisme, sur le “schisme” byzantin, sur la “coessentialité” (Les latins disent “consubstantialité”) des trois personnes divines, sur certains passages des textes johanniques (Évangile XIX, 30 et 34; et  Épitre V, 7 et 8), et sur une foule d’autres questions. L’auteur tout en s’efforçant d’être impartial entre les branches occidentale et orientale du christianisme, ne cache pas sa prédilection pour cette dernière. Il pense même que le dépôt du “christianisme originel” a été mieux conservé en Orient qu’en Occident. C’est sur quelques points qui ont trait précisément à cette “primauté de l’Orient” que nous voudrions apporter quelques critiques, car il nous semble que l’auteur se montre parfois injuste — bien que toujours respectueux —envers le christianisme occidental. Ainsi lorsqu’il écrit que “Rome représente l’esprit de Pierre et Byzance l’esprit de Paul”, nous ne savons comment concilier cette affirmation avec la fait que l’esprit de Paul est avant tout un esprit “missionnaire” et que cet esprit fut tari de bonne heure à Byzance, alors qu’il s’est maintenu en occident jusqu’à nos jours. En effet, l’Église grecque, une fois l’évangélisation des peuples slaves terminée, entra dans une sorte de “sommeil” qui peut bien lui donner une certaine ressemblance extérieure avec les organisations traditionnelles de l’Orient, mais qui, en tout cas, lui enlève tout droit de se réclamer particulièrement de celui qui écrivit : “Malheur à moi si je n’évangélise !”. A ce propos, nous ne sommes pas non plus d’accord avec M. Piette lorsqu’il écrit : “Le christianisme semble avoir été destiné dès l’origine à jouer un rôle providentiel vis-à-vis des Occidentaux, à la mentalité desquels il se trouvait en quelque sorte pré adapté. A la réserve d’exceptions individuelles, et malgré des siècles d’efforts missionnaires souvent héroïques, il n’a pu, en dépit de son caractère théoriquement universel, s’implanter sérieusement en dehors de l’Europe et des pays peuplés par les Européens”. Qu’est ce que M. Piette appelle “s’implanter sérieusement”? Estime-t-il que le christianisme est sérieusement implanté en Europe? Et les “exceptions individuelles” qu’il est bien forcé de reconnaître ne viennent–elles pas combattre sa thèse? Car on ne saurait prétendre que le christianisme évangélise des étendues géographiques et non des individus. En tout cas, l’existence aux Indes d’une Église malabare qui remonte aux temps apostoliques, celle de l’Église d’Éthiopie, qui est à peu près aussi ancienne, l’immense extension au Moyen Age, de l’Église “nestorienne” chez les peuples dits “tartares”, montrent que le christianisme s’accommode fort bien de la mentalité orientale; mais nous précisons bien : le christianisme non contaminé d’esprit moderne, la mentalité orientale non “submergée” par les poisons de l’Occident contemporain. Par ailleurs, et dans un tout autre ordre d’idées, est-il bien exact, comme le dit M. Piette, que “saint Jean affirme formellement, par deux fois, qu’une partie de l’enseignement de Jésus n’a pas été mise par écrit”? Dans les textes évangéliques auxquels l’auteur se réfère (Jean XX, 30; et XXI, 25), il est question d’actions du Christ, et non de paroles. Ces réserves très légères que nous nous permettons de faire sur l’article de M. Piette ne diminuent en rien l’intérêt avec lequel nous l’avons lu, et notre désir de voir l’auteur donner suite, dans un avenir rapproché, au dessein, dont il nous fait part, de traiter, dans d’autres études, de l’angélologie et de l’eschatologie chrétiennes. Nous sommes certains qu’ici encore il aura bien des choses intéressantes à nous apprendre. Continuer la lecture

Magister. Manual del Maestro secreto.

Magister. Manual del Maestro secreto (Editorial Kier, Buenos Aires).
[Compte rendu publié dans les E. T. Nº 307, avril-mai 1953, p. 150-152]

Dans cet ouvrage, encore plus intéressant que les précédents, l’auteur s’est attaqué hardiment à un problème que beaucoup pourraient croire insoluble. Dans le « chaos » des hauts-grades maçonniques, combien y en a-t-il de vraiment indispensables, et quels sont-ils ? L’auteur, qui a pris comme base de départ les 30 degrés du rite ancien et accepté, pense que les hauts-grades doivent être au nombre de 9, parce qu’il y eut 9 Maîtres qui participèrent à la recherche et à la découverte du corps d’Hiram. Précisons tout de suite que, s’il en est bien ainsi au rite écossais, au rite d’York il est question de 15 Compagnons, répartis en 3 Loges dont chacune eut une destinée particulière qu’il pourrait être utile d’examiner. La première Loge échoua dans ses recherches ; la seconde retrouva le corps d’Hiram (c’est-à-dire la Parole perdue) ; la troisième Loge tira vengeance des meurtriers. Or, il faut remarquer que le Ier Temple, celui de Salomon, fut ruiné à cause de l’« infidélité » de son fondateur (c’est ce que les Pères de l’Église ont appelé la « chute » de Salomon, que certains comparent à la « chute » d’Adam ; cf. I Rois, XI, 1-13 ; II Rois, XXIII, 13-15 ; Néh. XIII, 23-27). Le second Temple, celui de Zorobabel, réalisa sa mission qui était de « recevoir la Paix », et il est écrit que « la gloire de ce second Temple sera plus grande que celle du premier » (cf. Aggée. II, I-9). Enfin, le 3e Temple maçonnique est l’Ordre du Temple, détruit malgré sa fidélité, et dont la « vengeance » est le thème de plusieurs des hauts-grades. Il y a certainement là autre chose que l’effet d’un simple hasard, d’autant plus que la Parole maçonnique, perdue dans les premiers grades qui ont trait au Temple de Salomon, est déclarée formellement être retrouvée dans la Sainte Royale Arche, qui se rapporte au Temple de Zorobabel. Pour toutes ces raisons, nous pensons que le nombre total des grades maçonniques devrait être de 15, dont 3 grades bleus et 12 hauts-grades. Il y aurait lieu aussi d’examiner où doit se placer le grade « Prince Rose-Croix », qui est un grade essentiellement « chrétien », dont le thème est la passion et la résurrection de celui que certains rituels ont appelé « le Maître par excellence, Jésus de Nazareth ». Il existe de ce grade plusieurs versions, dont l’une a été incorporée aux 33 degrés de l’écossisme. La vérité est que ce grade, qui a trait à un Temple indestructible, ou plutôt incessamment renaissant, comme le Phénix (cf. la parole du Christ : « Détruisez ce Temple, et je le rebâtirai en trois jours ») est en dehors de la série « linéaire » de tous les rites, ce qui est facile à constater, même au rite ancien et accepté. « Magister » adopte, comme hauts-grades à conserver, les 9 grades « écossais » suivants : Maître secret, Élu, Parfait et Sublime Maçon, Chevalier de l’Orient, Prince Rose-Croix, Chevalier du Soleil, Grand Élu Chevalier Kadosch, Sublime Prince du Royal Secret, Souverain Grand Inspecteur général. La correspondance qu’il tente d’établir entre ces grades et ceux du rite d’York ne nous a pas paru très convaincante. Mais nous devons signaler une idée de l’auteur qui nous semble des plus heureuses. Il a envisagé de répartir les innombrables symboles de la Maçonnerie entre les grades qu’il conserve, de façon à ne rien laisser perdre de cet « héritage ». Prenons un exemple qui nous fera mieux comprendre. Dans le grade de « Maître secret », qu’il conserve, il fait entrer certains des éléments rituels de grades écossais qu’il abandonne, tels celui de « Maître parfait », où se trouve notamment la formule : « Le Maître parfait connaît le cercle et sa quadrature ». C’est à ce grade de Maître secret, étendu et enrichi, qu’est consacré le volume dont nous rendons compte, et qui étudie entre autres les symboles suivants : le tombeau d’Hiram, les pyramides d’Égypte, la translation du cœur, le laurier et l’olivier, la clé, le point au centre du cercle (hiéroglyphe de l’« œuf du monde »), l’œil, la tétraktys, les quatre enseignements du Sphinx, enfin les symboles proprement kabbalistiques, si nombreux dans les grades « de perfection » : l’arbre des Séphiroth , arche d’alliance, le chandelier à 7 branches, les dix commandements. Les rites de réception de ce grade nouveau sont évidemment beaucoup plus riches que ceux du Maître secret « officiel ». Nous disons qu’il s’agit d’un grade nouveau (et nous ne savons même pas si les divers Suprêmes Conseils réguliers consentiraient à homologuer de tels rites) ; mais il faut bien préciser que seuls sont nouveaux le rassemblement et l’enchaînement de rites maçonniques authentiques, dispersés en des grades pratiquement abandonnés, parce qu’ils sont donnés « par communication ». L’auteur, dont la prudence à cet égard nous semble parfaite, est visiblement persuadé que, selon la formule rituelle : « Il n’est au pouvoir de personne de faire des innovations dans le corps de la Maçonnerie », et aussi que tout dans l’Ordre peut se ramener à une triple origine : égyptienne, gréco-latine et judéo-chrétienne (Les Old Charges sont d’ailleurs formels sur ce point). C’est pourquoi, malgré sa connaissance des doctrines orientale, Il n’a pas été tenté d’y recourir pour « enrichir » les rites traditionnels. Nous signalerons que, comme toujours, la dernière partie du livre (« application opérative ») est, à notre avis, la moins bonne de toutes. Mais l’ouvrage contient une telle documentation, et des aperçus si dignes d’intérêt, que nous le recommandons sans hésiter à tous les Maçons, et que nous souhaitons l’apparition rapide du volume suivant, qui sera consacré aux grades de vengeance.

Denys Roman.

Magister. Manual del Maestro.

Magister. Manual del Maestro (Editorial Kier, Buenos Aires).
[Compte rendu publié dans les E. T. Nº 307, avril-mai 1953, pp. 149-150]

On ne saurait trop regretter que l’auteur, dans ce manuel, se soit cantonné presque uniquement dans la version « écossaise » du grade de Maître, et qu’il ait entièrement laissé de côté les versions anglo-américaines, et surtout celle du rite rectifié, toutes versions dont la supériorité n’est pas contestable. Continuer la lecture

E. T. nº 292, juin 1951, pp. 187-191

Masonic Light de novembre 1950

Dans le nº de novembre de Masonic Light, un dignitaire de district de la Maçonnerie canadienne expose ses vues sur le recrutement et sur le travail maçonnique ; il souligne que ce recrutement ne doit pas se faire en sacrifiant la qualité à la quantité, et il rappelle que l’essentiel du travail maçonnique consiste dans l’étude du symbolisme « caché derrière chaque mot du rituel, et qui constitue un ensemble de leçons qui doivent enrichir nos vies et élargir nos horizons ». Continuer la lecture

E. T. nº 290, mars 1951, pp. 93-95

Le Symbolisme d’octobre 1949

Le Symbolisme d’octobre 1949 annonce la mort de Leo Fischer, vice-président de la Philalethes Society. — Dans un long article intitulé Maçonnerie et Action, M. J. Corneloup expose quelques considérations dont quelques-unes nous semblent intéressantes, mais dont beaucoup sont viciées parce que leur auteur se réfère uniquement aux rituels français actuellement en usage, et qui ont été (surtout aux 2e et 3e degrés) « modernisés » à l’extrême. Continuer la lecture